Accro à la mode, jusqu’aux bouts des doigts - Nancy Salas

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Accro à la mode, jusqu’aux bouts des doigts

Accro à la mode, jusqu’aux bouts des doigts - Nancy Salas

Depuis toute petite, j’ai toujours aimé m’habiller de manière à me distinguer de mes autres amies. Pendant les journées de magasinage passées avec ma mère, j’étais celle qui décidait de ce qu’on achetait. Étant donné que je suis fille unique, j’étais très gâtée à la maison. Je n’autorisais personne rabaisser mon code vestimentaire. Devenir styliste, représentait mon rêve.

Le bon chemin

Jusqu’à aujourd’hui, j’ai fait mon possible pour avancer dans cette voie. Ma manière de penser, ma façon de m’habiller, et même la façon dont je m’exprimais, reflétaient mon caractère, plutôt fort. Je ne laissais aucune nouveauté me filer entre les doigts. Je consacrais toujours un jour de la semaine, pour sillonner les vitrines, et parcourir les rayons des boutiques de vêtements et produits de beauté en tout genre. La semaine dernière, j’avais raclé tous les bottillons du magasin d’en face, et j’avais rempli mon sac à main de toute une palette de maquillage. C’était la saison des promos. Pour rien au monde, je ne raterais ces occasions pour refaire ma garde-robe. Ce qui est le plus drôle dans tout cela, c’est que je ne jette jamais rien. Je mets de côté tous les vêtements qui ne me vont plus, ou qui ne me donnent plus envie en vue de les retrouver plus tard. Je passais des heures devant mon miroir, pour trouver ma tenue du lendemain. Voilà pourquoi, je prends toujours mon repas du soir, dans ma chambre, sur mon lit, avec l’armoire grande ouverte pour m’inspirer. Je disposais d’une pile de magasines sur la mode et les styles tendances du moment pour rester « in ». Concernant le maquillage, je le teste le soir même de leurs achats. Je prends souvent des photos pour immortaliser mon look.

Une passion qui a révélé mon vrai problème

J’étais loin de me rendre compte que cet amour si intense pour les nouveautés, et cet attachement que j’avais à mon égard, représentaient un complexe. Ce n’était que le jour où je suis tombée sur un vieil ami, que j’ai pris conscience de tout ce qui m’arrivait. Lorsqu’on a discuté, il m’a révélé qu’avant de travailler en tant que couvreur granby, il habitait à l’extérieur. Mais ce n’était pas tout ! Il m’a aussi soumis qu’il n’avait pas imaginé à quel point j’avais changé. Remplie d’espoir, je lui ai demandé en quoi avais-je changé. Et à ma grande déception, il m’a avoué qu’il a été déçu de voir tout ce mal que je me donne à être quelqu’un d’autre. Il ne m’a pas presque reconnu avec tant d’artifices. Visiblement, disait-il, je suis vraiment seule et que je ne cherche personne. Avec ma présentation, mes lèvres en rouge sang, mes yeux voilés par le mascara, les doigts scintillants, et tous les autres produits que je mettais, personne ne me reconnaîtrait. Ce n’est qu’à ce moment-là, que j’ai compris. En fait, je n’étais pas une accro de la mode, comme je l’ai toujours pensé. Je voulais juste montrer aux autres que, malgré ma situation célibataire, je pouvais faire tout et n’importe quoi.