J’en ai vu un - Nancy Salas

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J’en ai vu un

J’en ai vu un - Nancy Salas

J'avais eu la surprise de savoir un jour que ma patronne faisait très souvent des injections de Juvederm, et de Botox. À cette époque-là, c'était une notion très vague dans mon esprit. Je ne savais pas réellement à quoi cela correspondait, si ce n'est que, pour moi, le Botox, c'était un produit dérivé d'une molécule provoquant le botulisme, et que cela m'avait rebuté de savoir qu'il y avait eu un accord possible, pour laisser faire qu'il soit possible, de se faire des injections de cette chose. Quant au juvéderm, j'apprenais qu'il s'agissait d'une marque et qui avait pour spécificité d'effacer les traces du temps sur le visage. En regardant un peu plus longuement ma patronne, je me disais qu'avec tout ce qu'on raconte sur le Web, avec tout ce qui peut paraître probable de nos jours, si ça se trouve, c'est une femme qui a déjà plus de 100 ans. J'allais de divagations en divagations, au point que mon esprit commençait à créer des tas de scénarios de science-fiction, des plus loufoques, aux plus douteux. Je n'arrivais plus du tout à poser un regard sur cette femme, sans avoir l'impression que quelque chose qui était loin d'être humain, ne sorte d'elle. C'est fou ce que l'imagination peut faire.

Alors que nous étions tranquillement en train de dîner à la cafétéria, notre patronne, un jour, s'invita à notre table. Nous avions tous plus ou moins, choisi quelques fioritures à manger qui sortait  de la cuisine de la cafétéria. Elle, était venue avec son plat Tupperware. Quand elle l'ouvrit, tout était d'un vert un peu glauque. C'était comme une sorte de bouillie filamenteuse, ou surnageait dedans des choses plus ou moins gluantes de diverses couleurs. Alors que je lui envoyais un œil torve pour lui faire comprendre que j'avais compris qui elle était, elle commença à nous faire toute une littérature sur le fait qu'elle mangeait japonais, et que c'était une soupe d'algues vertes avec quelques œufs de cailles. Elle avait à peine fini son discours que je lui demandais quand est-ce que les autres arrivaient. Son air surpris ne m'atteignait pas. Je lui faisais comprendre par diverses phrases que j'avais compris qu'elle était un Alien, et que ces injections ne lui serviraient pas longtemps de camouflage. Elle resta à me regarder fixement un long moment avant de se lever et partir. Je recevais une lettre de renvoi le lendemain à 10 heures. Qu'est-ce qui peuvent être susceptible ces martiens.